Le mythe de Dédale et Icare

Publié le par Janick

En Crète, le roi Minos ordonna la construction d’un labyrinthe pour y enfermer le Minotaure. Ce monstre, au corps d’homme et à la tête de taureau, était le fruit de l’amour adultère de sa femme Pasiphaé avec un taureau blanc.

 

Le mythe de Dédale et Icare

Ce fut Dédale, célèbre architecte, qui fut chargé de dessiner les plans du labyrinthe.
Ce devait être un tel enchevêtrement de méandres, de tunnels et de voies sans issues, que personne, pas même son architecte, ne pourrait en sortir.
Une fois le labyrinthe terminé, le Minotaure y fut enfermé dans le plus grand secret.

Tous les neuf ans, pour se nourrir, le Minotaure devait dévorer sept jeunes hommes et sept jeunes femmes d’Athènes.
Les candidats au sacrifice étaient tirés au sort.

Mais à Athènes, Thésée, le fils du Roi, indigné par cette barbarie, voulut mettre fin au terrible massacre. Il se joignit alors volontairement à ceux que le sort avait désignés.

En arrivant en Crète, il rencontra Ariane, la fille du roi Minos, qui s’éprit éperdument de lui. Contre la promesse d’un mariage, elle accepta de l’aider dans son projet.

En proie au désespoir, réalisant que personne ne pouvait sortir vivant du labyrinthe, elle demanda à Dédale une solution :

« Hélas, moi-même je ne saurais y parvenir seul », lui dit-il. « Mais prends cette pelote de fil et donne-la à Thésée. Dis-lui de la dérouler dès son entrée dans le labyrinthe, lorsqu’il voudra trouver la sortie, il lui suffira alors de suivre le fil. »

Sur ses conseils, Ariane donna la pelote de fil à Thésée, ainsi qu’un glaive pour tuer le monstre.

Thésée entra dans le labyrinthe et déroula le fil comme convenu. Lorsqu’il trouva le Minotaure endormi, il le tua. Puis, suivant le fil, retrouva sans encombre son chemin vers la sortie.

Victorieux et libres, Thésée et Ariane libérèrent les malheureux prisonniers et s’enfuirent, quittant la Crète pour Athènes.

Mais ils avaient provoqué la terrible colère de Minos.

Le mythe de Dédale et Icare

Celui-ci rendit Dédale responsable de la fuite de sa fille, et de cette trahison.
Pour le punir, il le fit enfermer dans le labyrinthe, avec son fils, Icare.

Mais sans fil, impossible de s’en échapper.
Les jours puis les semaines passèrent, abandonnant les deux hommes à leur triste sort, pris au piège de leurs propres murs.

Un matin, alors que Dédale levait les yeux au ciel pour implorer la clémence des dieux, une idée illumina son esprit. Il se tourna vers son fils et lui dit :

« Icare, notre fuite est entravée par la terre et par l’eau, mais l’air et le ciel sont libres. A l’image de ces oiseaux, nous allons voler et fuir ce maudit labyrinthe. »

Immédiatement ils se mirent à la recherche de plumes d’oiseaux, tombées au sol. Ils en rassemblèrent suffisamment pour que Dédale puisse confectionner de grandes ailes.
L’astucieux et habile inventeur attacha les plumes entre elles grâce à de la cire. Puis il les fixa sur les épaules de son fils et sur les siennes.
Icare admirait l’ingéniosité sans limites de son père, qui créait des inventions toujours plus spectaculaires.

Enfin, ils allaient retrouver la liberté.

Mais avant, Dédale prit soin de mettre en garde son fils :

« Icare, quand tu auras pris ton envol, tu ne dois surtout pas t’élever trop haut dans le ciel. Tu ne dois jamais t’approcher du soleil : sa chaleur ferait fondre la cire de tes ailes et tu tomberais aussitôt. »

Ensemble, ils prirent leur envol, par un ciel clair et bleu.
Ils s’envolèrent au-dessus du labyrinthe, et celui-ci devint à leurs yeux de plus en plus petit, jusqu’à disparaître complètement.
Ils quittèrent ainsi la Crète.
Ce vol était merveilleux : Icare admirait les plaines, puis les montagnes, il voyait la mer calme, à perte de vue. Les oiseaux volaient près de lui, l’accompagnant dans ce rêve enchanteur. C’était un spectacle grandiose.

Comme il voulait en voir plus, grisé par tant de beauté et oubliant les alertes de son père, il s’éleva encore un peu, se rapprochant dangereusement du soleil.

Le mythe de Dédale et Icare

« Père, c’est si beau ! Je sens la chaleur du soleil et son éblouissement me ravit le cœur. »

Mais Dédale lui criait :

« Icare, ne vole pas si haut ! Le soleil va brûler la cire. Reviens près de moi, je t’en supplie. »

Mais Icare, déjà loin, ivre de liberté, ne l’écoutait déjà plus.

La cire se mit à fondre.
Plus il se rapprochait du soleil, plus la cire devenait liquide.
Tout à coup, les liens que Dédale avait si méticuleusement confectionnés pour son fils, se rompirent. Les ailes se détachèrent et Icare tomba dans la mer, en une longue et vertigineuse chute.
Les eaux se refermèrent sur lui.

Dédale hurla à tout rompre, il était désespéré. Pour son jeune et fougueux fils, la lumière et le goût de la liberté avaient été plus forts que ses sages conseils.

Plus tard, on donna aux flots qui virent périr Icare, le nom de Mer Icarienne.

 

Texte : Elise Bourges

Illustrations : Julie Hoyas

Publié dans Mythologie

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