Noël en Savoie

Publié le par Janick

Bien avant le Père Noël, au coeur du 19e siècle, Noël se vivait sans le faste déployé aujourd'hui !

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La « Noël », appelée « Chalende », du nom latin « calendas », se vivait dans la tradition de la veillée et de la messe de minuit. L’événement se préparait de longue date : il fallait purifier son corps, son âme et la maison.

 La lessive était « coulée », le linge et les costumes rafraîchis, la demeure mais aussi ses dépendances soigneusement nettoyées.  Quelques jours avant Noël, les occupations étaient nombreuses. La maîtresse de maison restait auprès du fourneau pour la cuisson des rissoles (petits chaussons fourrés de confiture de fruits), des tartes ou des épognes, les hommes tuaient le cochon et fabriquaient saucisses, jambons et boudins. Enfin, le pain blanc des grandes occasions était cuit dans le four banal…

 

 

 

Noël en Savoie

Dans la nuit, le Petit Jésus rendait visite aux enfants sages. Il cachait sous leur oreiller noix et noisettes, emballées dans du « papier argent » et un peu plus tard, au début du XXe siècle, une « pomme-orange » que l’on savourait, quartier par quartier, jusqu’au jour de l’an.

Noël en Savoie

 La bûche de bois avait aussi une place importante dans les préparatifs de Noël. Il fallait la choisir bien dense pour qu’elle tienne toute la veillée dans l’âtre et parfois plus. Dans certaines vallées, on l’arrosait d’eau de vie ou de vin pour s’assurer une flamme blanche et belle.

 La messe de minuit qui réunissait tous les villageois, après une longue marche dans le froid et dans la neige, était le moment le plus important et le plus attendu de la fête. Elle était prétexte à l’interprétation de cantiques fameux, écrits par des compositeurs, et recueillis de siècle en siècle, comme les œuvres de Nicolas Martin (XVIe siècle) ou les recueils de Bessans en Maurienne.

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 De retour à la maison, le maître des lieux commençait par distribuer à ses bêtes du grain ou du sel béni. On disait même que le soir de Noël, à minuit, les animaux avaient le don de parole humaine et que si les bêtes étaient toutes couchées du même côté, c’était un bon présage pour l’année à venir. Venaient ensuite une légère collation – quelques saucisses, un bol de vin chaud ou de café, des rissoles, une part de tarte ou de pogne –, quelques légendes de Noël, puis l’heure de se coucher.

Après la messe du matin, la famille se réunissait pour le repas de midi, un peu plus riche qu’à l’accoutumée, en prenant soin de garder une assiette et une place à table pour le pauvre qui viendrait peut-être toquer à la porte, ce jour-là. 

 

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