Les allumettes Savoyardes

Publié le par Janick

Nous sommes à motz en Chautagne, dans le pays de Savoie.

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Au moment de l’annexion (1860), la Savoie possédait Huit fabriques d’allumettes chimiques.
Elles étaient d’une sérieuse concurrence pour les entreprises françaises. L’État décida de donner le monopole de la fabrication et de la vente des allumettes le 30 décembre 1889 à la France.

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Mais en Savoie, certaines personnes continuaient à fabriquer en cachette les allumettes en important le phosphore en fraude de Suisse, alors qu’ils trouvaient le soufre sur place.
L’État ne plaisantaient pas avec les fraudeurs et affligeaient des peines et des amendes forts élevées. Les savoyards qui effectuaient ces activités illégales devaient le faire en toute discrétion, et parfois dans des endroits insolites…
C’est ainsi que notre histoire commence dans la commune de Motz en Chautagne. Lorsque un décès survenait dans une maison du village, le fossoyeur veillait le défunt pendant la nuit ce qui permettait aux membres de la famille de se reposer, mais cela ne nourrissait pas son homme et la nuit était longue…
Il n’était pas rare que ces personnes occupaient leurs nuits à la lueur des cierges pour tremper des allumettes ou réparer des galoches.

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Mais il fut un temps où un homme mauvais habitait ce village. Il était craint, sa méchanceté était bien connue, on disait même dans les environs qu’il avait quelques rapports avec le Diable.
Il suspectait le brave fossoyeur de ces activités cachées pendant la nuit. Afin de le démasquer, il décida avec l’aide d’un complice de se faire passer pour mort. Il n’avait point de famille, ce qui n’étonna pas la population que personne vienne le veiller.

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Le faux mort était étendu sous un drap, et le fossoyeur s’installa à côté du lit. Comme à son habitude, il commença à taper sur des semelles. Le mauvais homme, fier de son plan, se dressa comme un mort-vivant et prit une voix grave pour épouvanter sa victime : 
- Quand on veille un mort, on ne travaille pas !
Le pauvre travailleur sursauta. Il fut effrayé, mais il reprit très vite ses esprits. Il était plein de bon sens. Il avait compris le mauvais coup. Il lui asséna un grand coup de marteau sur le crâne et lui dit :
- Quand on est mort, on ne parle pas ! 
Cette fois le défunt était bien décédé…
L’enterrement attira la curiosité des gens du village, tous craignaient cet homme diabolique. Au cimetière le fossoyeur plaça comme à son habitude le cercueil sur sa planche de noyer inclinée pour pouvoir le faire glisser dans la fosse. Les frottements du bois déclenchèrent une petite fumée bleue accompagnée d’une odeur de soufre.
Les gens du village paniquaient, on pouvait entendre les hommes jurer, et voir les femmes se signer. Tous prirent leurs jambes à leur cou laissant le curé et le fossoyeur seul devant la tombe.

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Il y avait aucun doute pour les villageois : le démon avait pris possession de l’âme du défunt !
le curé se tourna vers le fossoyeur, tout penaud, et lui dit :
- Tu as encore fabriqué tes foutues allumettes ce matin n’est-ce pas…Ne ment pas, ta planche est encore imprégnée de soufre et de phosphore…
Allons bon, il faudra donc faire avec le diable…

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D'après Roger Jay, "le livre des mystères des Savoie"

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