La Dame aux cheveux longs

Publié le par Janick

Il était une fois, dans le massif qui surplombe l'actuelle commune de Montmélian, en Savoie, une  avancée rocheuse assez impressionnante qui s'avançait sur l'Isère.

Montmélian et ses alentours

                                                        Montmélian

Il y avait à ses pieds une petite colline qui semblait comme protégée par la force du massif. Cette petite colline, avant de devenir un site stratégique pour les affaires des hommes et d'être découpée, aménagée et habitée, était un écrin de verdure. Elle était à la fois abritée mais aussi narguait la montagne et son rude climat. La colline revêtait un caractère sacré, celui d'un havre de paix entièrement dédié à la nature et qui, en conséquence, devait rester vierge. 

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Nul ne devait fouler le sol, sous peine de déranger les esprits de la forêt. Les Alpes elles-mêmes respectaient la dire colline : elles se sont arrêtées juste devant elle, comme pour veiller sur elle. Dans toute la vallée, on savait qu'il fallait la respecter, c'est-à-dire ne jamais franchir le fossé qui la  séparait de la pente venue de la montagne.

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                                                rocher de Montmélian

                   

En une époque reculée, les habitants des bourgs bordant l'Isère vaquaient à leurs tâches quotidiennes lorsque, dans le  calme de la campagne, un cri retentit. C'était celui d'une femme, une mère qui, prise de panique, appelait à l'aide, car elle ne retrouvait plus son enfant.

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La malheureuse se nommait Alcyma. Veuve très jeune, d'une rare beauté, elle n'avait jamais cédé aux avances de ses nombreux prétendants : tout son amour elle le vouait, depuis la mort tragique de son mari, à son enfant.

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Les habitants organisèrent des recherches : de Chignin à Cruet, tous les villages se mobilisèrent pour retrouver le petit garçon. Mais on ne découvrit aucun indice, personne ne l'avait aperçu.

 

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Le soir, peu furent ceux qui croyaient encore au retour de l'enfant. Une semaine passa : la mère, inconsolable, gardait pourtant espoir : elle avait déjà tout perdu une fois, pas question que ce cauchemard recommence. Il lui restait encore un lieu à fouiller : la colline sacrée ; elle décida qu'elle en ferait d'abord plusieurs fois le tour.

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                                  rocher "La Savoyarde" à Montmélian

Lors de sa ronde, elle remarqua un arbre à terre qui, par le pont qu'il semblait former entre les pentes delacolline et celle de la montagne, l'invitait à venir. Elle aperçut dans l'herbe comme des traces de pas : son petit garçon avait peut-être voulu aller voir de lui-même si cette colline méritait vraiment le respect qu'elle suscitait chez les hommes.

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Guidée par son intuition, Alcyma passa outre les interdits et commença  son exploration. Elle fouilla de fond en comble la petite colline, elle s'époumona en appelant son enfant ; à la nuit tombée elle s'effondra de fatigue sur le pas d'entrée  d'une grotte, quand, tout à coup, une lumière la réveilla. Alcyma avait pénétré un espace sacré, sa douleur lui avait donné du courage, elle n'avait pas hésité, ni pensé à une éventuelle réaction des esprits ou des êtres magiques qui peuplaient la colline.

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Dans la lumière, une fée lui adressa la parole, elle la rassura immédiatement.

- Je comprends ta douleur, je vais te révéler que ton fils a été enlevé, il est retenu par Kunink.

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Ce nom n'était pasétranger à Alcyma, il s'agissait de celui d'un de ses prétendants  très insistant qui  avait très mal pris lefait qu'elle l'éconduise. Alcyma,  folle de rage, remercia la fée et s'empressa de gagner  le lac de Tuile où résidait le preneur d'otage. La fée s'était engagée à la protéger, elle la transporta donc à travers le ciel pour qu'elle retrouve enfin son fils.

                            Le lac devant le chef-lieu de La Thuile.

                                                  lac de La Tuile

Arrivée au sommet de la montagne d'Arbin, Alcyma récupéra facilement son enfant qui  était restéseul dehors et s'enfuit avec lui. Mais très vite, l'horrible Kunink, voyant s'envoler son unique moyen de chantage sur sa belle, se mit à poursuivre la mère et l'enfant dans la descente. L'homme courrait plus vite qu'Alcyma qui portait son enfant. Il la rattrapa et la saisit par les cheveux.

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                                   montagne d'Arbin

Soudain, les  cheveux d'Alcyma s'allongèrent, elle accéléra, atteignit la vallée et sauta le fossé qui la séparait de la colline de sa fée protectrice. Kuning, stupéfait, s'était arrêté avec, dans la main, la pointe des cheveux de celle qu'il n'aura jamais.

 

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Alcyma et son fils s'installèrent dans la grotte, où ils furent les seuls humains à avoir jamais vécu, loin des dangers des hommes.

Félix Bertholaz - carnet d'histoires de mon grand-père

    

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