La sirène du Doubs

Publié le par Janick

Mathay est une commune située dans le Doubs en Franche-Comté.

Le sire de Mathay, riche et puissant seigneur, aimait éperdument une belle inconnue avec laquelle il se promenait souvent jusqu'à minuit sur les rives du Douds.

Une fois entre autres qu'il la suppliait, après mille serments de fidélité, de se faire connaître et de lui accorder sa main, elle lui échappe et disparaît.

Bientôt l'amant délaissé voit sortir de la rivière une autre jeune fille plus belle que Vénus et vêtue comme elle.

 

La sirène du Doubs

La nymphe s'approche du Baron et met en oeuvre toutes ses grâces pour lui plaire. Elle le prie d'une voix douce et charmante de descendre avec elle parmi les roseaux du rivage.

"Non" répondit énergiquement le chevalier. "J'ai juré fidélité à celle que j'aime."

Sorti victorieux de cette épreuve, le sire de Mathayépousa enfin sa bien-aimée qui mit au don de sa main une condition unique.

"Permets-moi seulement, avait-elle dit, de ne point passer toute entière avec toi, la nuit du vendredi. Ne demande pas pourquoi, ne cherche pas à t'informer où j'irai en te quittant. De ce secret dépend tout notre bonheur et ma vie."

La clause acceptée, l'hymen accompli, rien durant quelques temps ne troubla la paix de cet heureux couple ; mais la jalousie qui s'est emparée du coeur de Mathay le rend inquiet chaque fois que son épouse vient à quitter le lit nuptial.

Où va-t-elle, et pouquoi ces équipées nocturnes ? Il veut enfin éclaircir ce mystère. Il épie une belle nuit la fugitive et parvient sur ses pas jusqu'au bord du doubs où elle plonge et commence à jouer parmi les ondes.

Mais, ô surprise ! Qu'a-t-il vu sous l'eau transparente de la rivière ?

 

La sirène du Doubs

Le corps de la baigneuse qui s'allonge et se termine comme celui des sirènes.

L'épouse chérie du sire de Mathay n'était rien moins que la sirène du Doubs. La découverte du mystère fit évanouir l'enchantement. L'épouse du sire de Mathay ne reparut jamais au château et l'infortuné Baron expia par de cruels revers tout ce qu'il avait goûté de bonheur dans une alliance éphèmère.

Charles Thuriet - 1891

La sirène du Doubs
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