La vie à Val d'Isère dans les années 1910

Publié le par Janick

D'une altitude de 1850 m, né de la disparition d'un glacier, le village de Val d'Isère, en Savoie, se dessine dans une vallée creusée par un large sillon du torrent l'Isère issu des séracs aujourd'hui retirés sur les hauts sommets de la Galise.

L'accès de ce pays s'avérait très dangereux.

 

La vie à Val d'Isère dans les années 1910

Il n'existait pas encore l'enfilade actuelle de tunnels qui protège la route. Val d'Isère semblait être situé au bout du monde, seul un chemin muletier y donnait accès.

Jean-Claude Killy avait pour habitude de dire : "Les Avalins ne sont pas nés d'hier !" au départ des courses régionales, à ses adversaires pour les impressionner.

Val-d'Isère devient, grâce au développement du ski à partir des années 1930, une station de sports d'hiver dont la renommée fait d'elle l'une des capitales mondiales du ski.

La vie à Val d'Isère dans les années 1910

Mais cette célèbre station de ski, n'est pas apparue au lendemain de la dernière guerre comme d'un coup de baguette magique,  mais s'est développée grâce à un long passé humain, grâce à la tenacité d'une race exceptionnelle qui a survécu à l'éloignement, aux invasions italienne, espagnole et allemande, à une terre ingrate et un climat rigoureux.

En 1913, on vivait de ce qu'on avait, de la chaleur des vaches, c'était ce qu'il y avait de plus humain. La principale activité des habitants était, l'hiver, de garder les vaches et l'été, de produire suffisamment de fourrages pour qu'elles puissent manger tout l'hiver.

"L'hiver qui n'en finit pas, trop long, six mois d'hiver ; il faut bien que les vaches bouffent".

Le père de mon arrière grand-père maternel était, lui, colporteur l'été. Il partait avec sa charette remplie de victuailles gravir le col de l'Iseran, souvent encore enneigé, vendre sa marchandise en Italie. Il se rendait aussi à Chambéry et même jusqu'à Lyon.

 

La vie à Val d'Isère dans les années 1910

Les Alevins vivaient de l'air du temps, à l'aide d'un jardin et de quelques animaux de façon à avoir un peu de lait à consommer.

"Débrouillez vous dans le bazar." Cette expression résume bien les conditions de vie particulières que le froid intense et prolongé des six mois d'hiver restreignait.

endant ces 6 mois d'hiver interminables, nombreux étaient les enfants morts en bas âge.Coupés de toute civilisation,les nouveaux nés ne passaient que très rarement l'hiver.Seuls les plus robustes connaisaient le printemps. Mes arrières grands-parents ont perdu beaucoup d'enfants nouveaux nés durant cette grande période hivernale.

Ces conditions exigeaient un chauffage permanent qui ne pouvait être obtenu qu'en se serrant, gens et bêtes, dans la même pièce commune avec un minimum d'hygiène et d'organisation.

Ainsi la chaleur animale était un appoint important au jeu intermittent de l'âtre et du fourneau.

Mes arrières grands-parents maternels vivaient ainsi dans la même pièce que leurs vaches. Je me souviens de ce que me disait magrand-mère. "J'avais mon lit dans un mur fermé par un petit rideau et la chaleur des vaches nous réchauffait."

L'habitat et le mobilier étaient conçus pour remédier à ces conditions rudes. Le chauffage provenait de la chaleur des vaches.

Il y avait des lits à rideaux, surélevés à plus d'un mètre au-dessus du sole et dont les solides montants étaient fixés dans le plancher et le plafond. A l'intérieur de ces lits, les épais rideaux tirés assuraient une intimité. Etant donné leur hauteur, le banc qui s'appuyait contre le bâti du lit enétait le complément indispensable. Il ne servait pas seulement d'escabeau fixe pour accéder au lit, il était en même temps le siège le plus solide de la maison, et la mangeoire de toute une ribambelle de moutons qui logeaient sous le lit et y faisaient fonction de radiateur.

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Le fumier des moutons servait à l'alimentation de la cheminée, séché pour être transformé en bûches.

Ma grand-mère parlait souvent de ceci.

"Nous laissions sécher au grenier les bouses par plaquesséparées par des morceaux debois, par piles de trois, d'une épaisseur de 3 cm environ. Nous n'avions pas le droit de couper les arbres car il y avait très peu de forêt et celle-ci avait le rôle protecteur, de paravalanches l'hiver pour les habitations et retenait également les chutes de pierres de ces montagnes abruptes qui surplombaient la vallée."

Dans l'habitation, la cheminée était doublée d'un fourneau en fonte dont la chaleur apportait un complément important à celle fournie par le bétail : moutons sous les lits, bovins et caprins alignés derrière la séparation à claire-voie.

La vie à Val d'Isère dans les années 1910

Un équipement indispensable est l'abreuvoir. Auparavant, chaque maison de  Val d'Isère avait sa source ou son puits, et l'eau était amenée à l'abreuvoir au moyen d'une pompe.

L'abreuvoir proprement dit "bachal" était le plus souvent un bassin rectangulaire creusé dans un bloc de pierre, ou encore un grand cuveau circulaire  dans lequel on puisait l'eau pour le bétail.

On laissait les bêtes venir s'abreuver à tour de rôle, tandis qu'on recueillait directement à la pompe l'eau pour la cuisine et pour les ablutions de la famille.

En 1928, une fruitière a été bâtie à Val d'Isère ce qui a permis aux propriétaires de vaches de récolter le lait en vue de le vendre en gros ou bien de le transformer en beurre ou en fromage.

Cette zone de montagne bénéficie de l'A.O.C. Beaufort, ce fromage de grande réputation par ses saveurs très fruitées et qui ne peut se fabriquer qu'avec le lait des pâturages de fleurs et d'herbage qu'assure la montagne.

Les femmes confectionnaient aussi la dentelle destinée à la vente.

 

Les ressources des habitants allaient tout doucement provenir de la fréquentation de quelques touriqtes. Touristes surtout anglais, très attirés par la haute-montagne.

La construction du premier hotel de Val d'Isère a été faite en 1900.

En 1936, Val d'Isère possède le premier remonte-pente. S'enchaine la construction du premier téléphérique.

Val d'Isère ne cessera jamais de se construire encore et encore, pour devenir, de nos jours, une puissante station de skis connue du monde entier et malheureusement très prisée par la haute société.

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Val d'Isère de nos jours

Val d'Isère de nos jours

Publié dans Histoires vraies

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