Le sac de plâtre

Publié le par Janick

Petite fille, j'étais plutôt garçon manqué. 

Je préférais largement jouer au ballon ou grimper dans les arbes que de m'occuper de mes poupées. Les jeux de société, les puzzles, les copines et les copains, tout ça était bien plus marrant. Sans oublier les farces, les pitreries et les bêtises.

C'est d'ailleurs la plus grosse des âneries qu'une gamine de 10 ans puisse faire que je vais vous raconter.

Par un beau mercredi après midi de printemps, notre bande, composée de trois garçons et de deux filles (dont moi même), tous d'une dizaine d'années, nous nous amusions à sonner à la porte des gens. C'est rigolo de sonner, de se cacher et d'attendre que la personne que nous dérangions ouvre ! Ca, c'est encore gentil me diriez vous, une blagounette que tous les gosses ont fait au moins une fois dans leur vie.

Mais ce n'était pas assez drôle pour nous, il fallait trouver mieux, beaucoup mieux.

Alors que nous rodions dans la campagne, notre bande de gamins pas sages passa devant un tas de plâtre qui trainait devant une maison en construction.

Et cela me donna une idée de génie, idée approuvée à l'hunanimité par toute la bande.

Remplir des sacs de plâtre, inscrire "farine" dessus, sonner à la porte des maisons et offrir gracieusement notre farine.

Le sac de plâtre

Nous voilà partis dans notre délire.

On sonnait, la personne nous ouvrait et un de nous cinq racontait l'hitstoire que nous avions mise au point.

"Mon père est meunier et vous offre généreusement ce sac de farine".

Il y avait les sceptiques, les raleurs et ceux qui nous croyaient et nous remerciaient.

Nous avons continué ainsi jusqu'au jour où j'ai eu le malheur de le raconter à ma grande soeur qui, elle, s'empressa de le dire à notre grand-mère.

J'avais des grands-parents tous les deux instituteurs à la retraite, mais des instituteurs comme il n'en existe que très rarement de nos jours. Ils avaient beaucoup de pédagogie, faisaient des leçons de moral avec tacte sans blesser la personne envers qui la morale était adressée.

Un jour, ma grand-mère m'appela, tout en demandant à ma soeur de rester près d'elle. Les appercevant toutes les deux, ma grand-mère tenant un journal dans ses mains, je ne brillais pas trop.

 

Le sac de plâtre

"Tu sais ce que je viens de lire dans le journal ? me dit-elle de sa voix douce.

"Il y a un article qui a retenu mon attention. Cet article parle d'une bande de chenapants qui ont fait passé du plâtre pour de la farine. Il y a eu de grâves intoxications."

Je sentis mon visage chauffé, puis du rouge il vira au blanc. J'avais mal agi mais j'en voulai aussi à ma grande soeur.

Après quelques minutes de silence qui ma parurent interminables, ma grand-mère reprit de sa douce voix : "Ne t'en fais pas ma pépette, il n'y a pas d'article de ce genre. Je voulais juste te faire comprendre que votre bande de copains a très mal agi. Et se tournant vers ma soeur : Et toi ma grande, rapporter ce n'est pas joli, joli."

Depuis ce jour, notre bande de joyeux lurons n'a plus jamais continué ses bêtises. Nous préférions jouer au ballon prisonnier, grimper aux arbres ou encore jouer bien plus sagement à l'intérieur de nos maisons.

(écrit par Janick - dessins réalisés par Janick)     

Publié dans Histoires vraies

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