Le petit ramoneur Savoyard

Publié le par Janick

Le petit ramoneur, porte bonheur dans  l'esprit de beaucoup de monde, image symbolique de la Savoie. Malheureusement, cela n'a pas toujours été la vérité dans les villages de Savoie.

Le petit ramoneur Savoyard
Le petit ramoneur Savoyard

Il y a longtemps, dans les villages des montagnes savoyardes, en Maurienne, en Tarentaise, et même dans la vallée d'Aoste, les hivers étaient longs et rudes.

Dans les familles nombreuses, nourrir tous les enfants devenait difficile. Il fallai donc trouver du travail. Parfois, les pères devenaient colporteurs, des marchands ambulants. Mes arrières grands-parents maternels, vivants à Val d'Isère, le chef de famille était colporteur en France mais aussi en Italie.

Quant aux enfants, les garçons, ils étaient souvent embauchés comme ramoneurs. Ils quittaient leur maison vers l'âge de 6 à 12 ans.

Par ailleurs, les Savoyards, gens de montagne, étaient plus habiles pour monter et descendre le long des conduits de fumée.

Nos petits étaient souvent embauchés parles marchands de bois ou de charbon. Levés à 6 heures et équipés de grenouillères, des raclettes et des cuirasses, ils partaient avec leur chef, qui lui portait le hérisson et la tringle à nettoyer les tuyaux.

 

 

Le petit ramoneur Savoyard

Les gosses montaient dans les conduits des cheminées, en s'aidant des genoux et des coudes : à mesure qu'ils montaient, ils raclaient la suie. Ils n'étaient habillés que de vêtements que des gens voulaient leur donner. Ils usaient beaucoup, leurs vêtements étaient toujours déchirés et noirs de suie. Sur la tête, ils coiffaient un bonnet qu'ils tiraient jusque sous le menton lorsqu'ils  montaient dans les cheminées. On reconnaissait facilement les nouveaux venus parce que les genoux étaient écorchés. Leur patron passait la peau à la flamme d'une chandelle.

Au bout de 15 jours, elle s'était durcie et necraignait plus les rudesses du métier.

 

Le petit ramoneur Savoyard

Un d'entre eux racontait un jour, comment il était resté coincé dans une conduite, terrorisé à l'idée de la réprimande du chef, il était resté là, pleurant sans oser redescendre.

Les habitants de certaines communes se montraient plus généreux que d'autres propriétaires et ceux qui avaient peu pour eux-mêmes, cherchaient avec bon coeur et générosité à faire plaisir et consoler.

On demandait au ramoneur de chanter lorsqu'il atteignait le haut de la cheminée. Alors avec courage, il faisait marcher sa raclette et arrivé au sommet, il s'asseyait sur le rebord et chantait tout son répertoire.

L'hiver était redoutable, alors que le chef portait un long manteau de cuir, les petits ramoneurs tremblants de froid, n'avaient sur les épaules qu'un sac. Ils ne pouvaient se réchauffer que dans les cheminées encore vivantes de feu que l'on venait d'éteindre. Il leur fallait de plus tirer, parfois dans la neige épaisse, leur lourde charrette de suie.

Le Noël du Petit ramoneur

Le Noël du Petit ramoneur

"Et sa douleur s'exhale en une plainte amère

Pour les autres enfants, c'est un jour de bonheur,

Moi seul, abandonné, je pleure, pauvre hère.

Serai-je donc toujours l'enfant de la misère !

Malheureux petit ramoneur."

(Marcel Houjan)

Le Noël du petit ramoneur

Le Noël du petit ramoneur

"Encore émerveillé de ce qu'il vit en songe,

Le petit ramoneur court bien vite aux sabots.

Hélas ! rêve trompeur, tu n'étais que mensonge !

Pas de jouets !....Alors que le chagrin le ronge

Le fait éclate en sanglots."

(Marcel Houjan)

Publié dans Histoires vraies

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