La maison du diable

Publié le par Janick

Cette maison très ancienne, située en un lieu retiré à l'extrémité du village de Tresserve, village au dessus d'Aix-les-Bains en Savoie, a suscité des histoires rocambolesques.

Victor Barbier, en 1894 cite plusieurs légendes dont celle que je vais vous raconter.

La maison du diable sur une lithographie de 1834

La maison du diable sur une lithographie de 1834

Un jeune seigneur, descendant de Robert le Diable, courtisait toutes les filles et, à chaque promenade, ramenait une nouvelle victime.

Un jour qu'il était à la chasse, il rencontra une pélerine qui s'en allait par le chemin. Jamais aussi jolie figure n'avait charmé le comte. La pélerine semblant fatiguée, il mit pied à terre et lui offrit son cheval qu'elle accepta. C'est ainsi qu'ils regagnèrent la château où la belle s'évanouit.

Le comte lui fit donner la plus belle chambre et passa la nuit près d'elle à veiller. Lorsqu'elle reprit ses sens, il lui dit :"Madame, pour être aimé de vous, je donnerais tout ce que j'ai."

Mais elle répondit :"Mon amour ne s'achète pas, il se gagne."

On vit alors le comte qui buvait sec, riait fort, chassait beaucoup, mettre de l'eau dans son vin, ne plus chanter, ne plus chasser, bref, se ranger et passer son temps à gémir et à soupirer d'amour au bord du lac du Bourget.

La belle faisait tout ce qu'elle voulait. Les habitants du pays n'en revenaient pas de surprise et ils étaient loin de penser  que c'était le diable qui s'était installé sous les traits de la jolie femme.

Un jour le comte tomba gravement malade. A minuit, l'étrangère parut dans sa chambre les yeux brillaient comme des flammes.

"Seigneur comte, vous êtes mort, dit-elle, recommandez votre âme à Dieu !"

A mesure que le comte lui répondait, le corps de l'étrangère devenait transparent. 

"Recommandez votre âme à Dieu, reprit-elle, vous n'avez plus qu'une heure à vivre ! Je suis l'âme d'une pauvre fille que vous avez séduite. J'ai obtenu de Dieu de vous faire pénitence sur la terre. Vous avez pêché par les femmes, soyez sauvé par une femme. Adieu !"

 

 

la maison du Diable - gravure E. Ginain

la maison du Diable - gravure E. Ginain

Au matin on trouva le comte mort dans son lit, dans l'attitude de la prière. L'étrangère avait disparu.

Pendant la nuit un grand vent avait renversé les murailles d'un pavillon qu'il avait construit seul et dont il ne reste plus que le bâtiment auquel la tradition populaire a conservé le nom de "Maison du Diable".

Petite, combien de fois nous avons joué près de cette maison, combien de fois nous avons eu peur, les histoires que nous nous racontions nous faisaient fuire de peur mais....une force "maléfique" nous faisait revenir.....

(histoire tirée du livre "Tresserve un village  de Savoie" Geneviève Frieh-Giraud)

 

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